Voyage dans les méandres de mon esprit

Fantasy

Prêtresse d'Avalon

le 20/07/2006 à 11h27
Elle est seule…  Les autres prêtresses sont parties…  Ce rituel, elle ne peut que l’accomplir dans la plus grande solitude…

Devant elle, la coupe sacrée, remplie de la décoction préparée à la dernière pleine lune.  Elle sait déjà quel goût elle a, mélange d’amertume et de douceur, elle espère juste que le dosage est correct.  Un peu trop de ceci ou de cela la tuerait inévitablement.

Elle se saisit du récipient et d’un coup, d’un seul, avale le mélange.  Doucement, elle sombre dans la vision, la route qui mène vers la Mère s’ouvre devant elle.  Voudra-t-elle l’accueillir, elle, la parjure, elle qui a fuit sa charge, qui a renié son rang ?  Quelle sanction plus cruelle que le rejet devra-t-elle subir ?

Et puis soudain, elle est là, dans toute la splendeur de l’éternité, vêtue de sa grande robe noire, mère de la vie et de la mort.  Elle l’accueille, lui ouvre les bras… un sentiment de joie envahi son cœur.  « Oh Mère miséricordieuse, pardonne-moi mes erreurs, efface, dans ta grande bonté les actes perfides de mon cœur, sauve mon âme pécheresse. »

Le sol tremble sous ses pieds et soudain, elle tombe, une chute longue, sans fin qui la rapproche… de l’enfer.  La panique la gagne, la Mère n’a pas voulu la pardonner, elle va devoir errer éternellement sur les rivages du Styx comme une âme maudite.

Dans le silence de son cœur, elle adresse une dernière prière à la Grande Déesse, la remercie pour tout ce qu’elle lui a donné, pour tout ce don elle ne s’est pas montrée digne.  Le sacrifice de sa vie lui semblait trop lourd à l’époque, elle était trop jeune, n’avait pas compris, voulait goûter aux plaisirs de l’existence.

Et puis, la chute ralentit… s’arrête… mais… elle n’est pas sur les bords du fleuve, elle est dans la main de la déesse qui la regarde tendrement.  Elle lui parle au fond de son âme, reconnaît qu’elle est sincère dans ses excuses, lui confie la tâche de sauver Avalon, de créer un lieu de recueillement où toute femme égarée pourra se ressourcer, lui ordonne de quitter l’île sacrée pour perpétuer sa mémoire en-dehors des brumes qui chaque jour envahissent la frontière qui les sépare du monde terrestre…

La vision s’interrompt, les autres prêtresses sont autour d’elle, sœurs de serment à jamais présentes.  Elles la serrent contre leurs cœurs, elles lui souhaitent la bienvenue.  Enfin, elle a retrouvé sa vraie place parmi les entités magiques de l’île.  Mais cela ne peut durer, elle doit obéir à la déesse, quitter cet endroit, empêcher les Hommes d’oublier Avalon, ses connaissances et sa magie…  Avec quelques une, elle part, créer un nouveau sanctuaire accessible à chaque femme désirant se rapprocher de la déesse pour un temps ou pour toujours.  Elles emportent une chose, une trace d’Avalon : une coupe, LA coupe ayant servi à son rituel, souvenir impérissable de leur existence sacrée.

Aujourd’hui, plus aucune femme ne recherche la protection de la déesse, le monde moderne à oublié Avalon…  Et pourtant, dans la fraîcheur du petit temple de la maison, une coupe scintille doucement… en son sein, sont gravés les noms de trois prêtresses, les trois qui ont quitté l’île pour la réalité : Morgane, Raven et Lidya.  Je suis la gardienne de la mémoire, je suis le sanctuaire de la Déesse Mère.

Dans mon dos, un vieillard pose sa main sur mon épaule, confiant en l’avenir, il vient me chercher, c’est la célébration de Beltane, je dois perpétuer la lignée.  Merlin me prend la main et m’entraîne vers mon destin…

Amazone

le 03/06/2006 à 16h24
Un genou posé prêt du feu, elle attise les flammes…  Elle porte les cheveux courts et un anneau dans l’oreille.  Elle est ce qu’on appelle une renonçante, une amazone.  Vêtue de son pantalon et de sa tunique rouge, elle est la digne représentante de son ordre.

Qu’il est loin le temps où dans la maison de son père, elle portait jupons et cheveux longs… ce même père qui a voulu la marier de force à un homme qu’elle n’aimait pas, un de ces petits seigneurs qui ne la voyait que comme une pouliche, une simple reproductrice.  Elle !  Elle qui ne rêvait que de voyages et d’aventures, d’un mari tendre et aimant, elle se retrouvait dans les mains d’une brute qui avait déjà épuisé deux épouses.  Non, décidément, ce n’était pas sa vie, c’était certainement celle d’une autre.

Elle avait trouvé une famille au sein des amazones, elle avait appris à se battre et à se débrouiller sans l’aide d’un homme.  Aujourd’hui, elle s’occupait de former les jeunes filles arrivant dans leur maison, souvent aussi désemparée qu’elle l’avait été dix ans auparavant…

Le feu ne parvient pas à la réchauffer, que lui est-il arrivé ?...  Elle ne se souvient plus de rien…  Les dernières images sont ces hommes armés qui tentent de forcer l’entrée de la maison de la guilde et elle, épée à la main qui défend la porte avec acharnement…  Que c’est-il passé ensuite ?...  Et soudain, elle perçoit des pleurs, ce sont des voix de femmes…  Ce sont ses sœurs…  Mais qui pleurent-elles ?...

Et soudain, un éclair de conscience, c’est elle qu’elles pleurent, elle est tombée au combat, elle erre entre deux mondes : celui des vivants et le Valhalla.  Mais elle ne peut se résigner à y entrer.  Comment vont réagir ces hommes, ces héros qui y ont tous leur place ?  Et elle, simple guerrière, elle n’a aucun mérite.  Pourtant, elle ne sait pas que c’est grâce à elle que la maison a été sauvée, que ces barbares venus des montagnes n’ont pas pu violer les femmes de la guilde, c’est elle qui a, avant de mourir, tué leur chef et semé la panique dans leur équipe, c’est elle qui a effrayé les plus courageux par sa bravoure et sa détermination.

La grande mère apparaît à ses côtés, comme sa voix est douce, comme son invitation au repos est tentante…  Mais peut-elle abandonner ses sœurs ?  Peut-elle leur laisser le dur travail de remise en état ?  Elles sont toutes si jeunes…  Au côté de la Mère, des femmes, comme elle, qui un jour ont été les héros de l’histoire : Jeanne d’Arc, Morganne, Sarah et bien d’autres encore.  Elles lui tendent les mains, l’accueillent dans ce paradis fait de miel et de lait.  Tout doucement son âme se détache, elle glisse vers le repos mérité.  Ses sœurs immolent son corps, elle ne peut pas rester.

Elle leur adresse un dernier adieu avant d’entrer.  Monde de mystère et de brumes, bien au-delà de la réalité de l’esprit, paysage de paix qui ressemble au paradis.

Bienvenue au Valhalla

le 19/05/2006 à 14h20

Bienvenue à l’entrée du Valhalla, refuge de nos héros tués par l’horreur de nos guerres.  Vous, qui n’êtes que visiteurs, respectez leurs souffrances, la vie leur a été reprise de façon tellement tragique.  Voici d’ailleurs Achille à qui le talon fut fatal et Hercule qui a enfilé la si belle tunique que lui avait offerte sa séduisante épouse.  Bien mal lui en prit puisqu’elle était empoisonnée…

Et dans un coin, le Roi Arthur et ses chevaliers qui pleurent sur leur gloire perdue.  Uther Pendragon, son père, croyait en la réussite de son destin, aujourd’hui, il ne peut que regretter son choix.  Ce fils, injustement conçu, n’a pas été à la hauteur de ses espoirs.  Pourtant, il avait été le Grand Cornu, dieu Cerf, vainqueur de la chasse.  Lui, coiffé de la parure royale du bel animal, avait eu le privilège de prendre la prêtresse qui s’offrait à lui mais il n’a pas su s’en montrer digne.  Il est parjure, il s’est détourné de ses anciennes croyances pour favoriser le dieu unique, vision étriquée des moines et des prêtres ; il a abandonné le dragon pour la croix, il a oublié sa promesse faite aux prêtresse d’Avalon pour se tourner vers ce Christ, vers ce Dieu qui écrase toute autre forme de croyance.

Que fais-tu ici Arthur ?  Mérites-tu cet honneur, toi, seul héros entré dans ce paradis sans arme.  La déesse mère t’a repris le cadeau qu’elle t’avait faite, à tout jamais Excalibur nous a été reprise par ta faute !  La faiblesse de ta chair nous a trahi, l’amour pour ta femme adultère nous a enlevé les beautés de la création de ces femmes étranges, de ses magiciennes d’Avalon.  Où est ton fourreau brodé d’or que Morganne t’avait préparé, où sont les signes magiques qui te rendaient invisible ?  Tu es le reflet des illusions perdues, tu es le responsable de la disparition de l’île d’Avalon dans les brumes éternelles, tu n’aurais jamais du laisser les moines venir polluer ce monde où toutes les forces magiques vivaient en harmonie avec tout les êtres vivants.  Tu nous as tué Arthur.

Mais laissons-là tes erreurs pour découvrir la beauté du lieu, il est fait pour le repos du guerrier.  Pays de miel et d’or, le héros panse ses plaies et repose son esprit.  Ici, plus de guerre, ici plus de violence, ici plus d’honneur du aux horreurs que vous avez commises.  Ici, vous pouvez gagner le mérite de la mémoire par les actes de bonté que vous pourrez exécuter.  Et c’est ainsi qu’Achille transmet sa sagesse aux jeunes trop étourdi, qu’Hercule apprend que la force n’est pas tout aux irréfléchis, que Lancelot éduque l’abstinence et la fidélité aux profiteurs qui utilisent les femmes comme des objets…  C’est ici qu’Arthur cherche toujours un sens à sa mort comme il l’a cherché durant sa vie, étourdi par la quête inutile du Saint Graal, dangereux gouffre de l’oubli.

Et voilà visiteurs, la dernière demeure de nos valeureux héros, personnages épiques de tant de magie oubliée.  Alors, visiteur, rappelle aux autres vivants qu’ici encore existe la véritable magie de notre véritable vie.

Bienvenue ?

le 12/05/2006 à 21h40
Bienvenue à Château Chariot, demeure du Roi pêcheur.  Sous vos yeux éblouis par la lueur qui en émane, apparaissent cet étrange souverain et ses filles, toutes richement vêtues.

Comment êtes-vous arrivé ici ?  Nul ne le sait…  C’est peut-être lui qui est venu à votre rencontre…  Ce fier édifice choisit ses visiteurs, il accueille les âmes pures et reste invisible aux âmes sombres.  Ce gardien du Graal ne livre pas ses secrets à qui le désire, il faut vraiment le mériter.

Dans la grande salle, cœur de la maison, le calice sacré occupe la meilleure place, celle où il reflète la douce lumière du soleil entrant par les vitraux aux couleurs douces.  Au centre, une longue table est dressée, garnie de tant de mets qui semblent nous attendre, fumets appétissants de rôtis, de gigots et de volailles dorées et juteuses.  Des cruches d’ambroisie laissent des auréoles dorées sur la nappe blanche, minuscules soleils promettant un rafraîchissement de toutes les peines.

Le seigneur du château vous invite à prendre place, il vous désigne un siège au dossier haut et droit (le siège aventureux ?), un frisson d’aventure semble faire vibrer l’atmosphère particulière de la pièce…  Quelle étrange magie habite ici ?  Quels étranges pouvoirs attirent le voyageur en quête d’absolu jusqu’à ce repas divin ?  Magie ou sorcellerie ?  Eternel combat du bien et du mal…

Attention  chevalier, es-tu sûr de l’endroit où tu te trouves ?  Es-tu sûr qu’on ne t’a pas égaré, le pays des fées est dangereux pour celui qui y pénètre…  Quelles sont les règles ?  Que t’a enseigné la mémoire ancestrale ?  La sagesse des druides est-elle déjà si loin dans ta mémoire pour que tu ne te souviennes plus des règles élémentaires ?  Es-tu sûr que le jeu en vaut la chandelle ?  Sans hésiter pourtant tu t’installes, tu te laisses bercer par la douce mélodie qu’interprètent les princesses de ce royaume itinérant.

Le roi pêcheur frappe soudain dans ses mains et apparaissent Lancelot, Gauvain et bien d’autres encore, tous chevaliers de la table ronde, tous héros du roi Arthur.  Que font-ils là, si loin de leur Roi ?  Comme leur regard semble vide…  L’oubli semble avoir envahi leur cœur et pourtant, la sérénité se lit sur leurs visages fatigués.  Ils s’attablent, se servent et mangent…  T’apprêtant à faire le même, ton esprit s’ouvre enfin à la réalité : malédiction !  Toute nourriture avalée en ce monde de douceur et de miel, emporte la mémoire et les priorités.  Voilà pourquoi on retrouve ici tant de chevalier…

Tu te lèves, cherche à fuir… personne ne t’en empêche, la force de l’esprit est plus forte que la magie.  Dans l’air, tu traces l’étoile cabalistique et soudain, le décor idyllique devient flou, ondulant sous l’effet d’une brume de chaleur que l’on ne ressent pas, les visages disparaissent un par un, le château suit le même chemin.

Vite, tendre la main vers le Graal, promesse de bonheur pour notre monde désabusé… mais… trop tard… ta chance est déjà passée…  Ta chance ? Voyageur.  Rappelle-toi que beaucoup y ont perdu la vie, que beaucoup ne sont jamais revenu de cette quête désespérée, le cœur trop petit pour un bonheur si grand…

Bienvenue à Château Chariot, demeure du Roi pêcheur, étranger, toi qui croises sa route, ne t’arrête pas, cette étrange bâtisse n’est pas faite pour ça, elle est la dernière demeure de ceux qui y sont déjà.

Brumes

le 09/05/2006 à 22h08
Oh brumes étranges enveloppant les rives de mon lac, ouvrez-vous pour laisser pénétrer le visiteur égaré.  Oh magie ancienne du petit peuple sacré, accueillez dans vos bras les âmes perdues à la recherche de rivages amicaux.  Brouillards étranges créés par l’incrédulité des hommes devenez le refuge des rêveurs mais aussi de ceux qui aujourd’hui, ont encore foi en ces anciennes croyances.

La barque glisse silencieusement sur les eaux éteintes de ce lac autrefois miroitant, amène sur ces terres les hérauts d’un temps révolu, les héros des temps modernes.  A l’instant résonnent les cors des druides, ils entonnent un chant de gloire, ils ont sonné l’hallali, hymne désespéré de ces exploits oubliés.

Errent sur ces rives mystiques les âmes des plus grands guerriers : Arthur, Lancelot et bien d’autres encor.  Ils guettent le retour des jours glorieux des rois et des chevaliers que notre modernité s’est empressée de ranger au royaume des oubliettes.  Un peu plus loin, luisent les trésors des vierges jurées : le plat, la coupe et la lance ; ils possèdent toute la puissance des femmes qui dans la lutte s’engagent, écartant d’un revers les préjugés masculins.  Ces femmes, le front marqué du croissant bleu, signe de la déesse mère, accueillent, reprennent le chant glorieux de nos actions éphémères.

Les bardes écoutent, apprennent les exploits, les récits merveilleux.  Et là, au milieu d’eux s’avance la Dame du lac, celle qui possède le pouvoir, la magie ancestrale qui soutint Merlin autrefois.  A travers elle, les forces de la nature apportent aux cœurs fatigués la force de continuer.  Lève les bras, dévoile aux yeux du profane le monde oublié des mystères de la vie, va Viviane, que la bannière des Pendragon claque de nouveau sur la terre d’Avallon, que le dragon protège de nouveau ce pays de lait et de miel.

Entrez, entrez, prenez quelques collations, vous êtes nos hôtes de cette terre éternelle.  

©2006 - Bloxode.com est un service gratuit de Lexode.com - Prévenir d'un abus - Conditions d'utilisation