Aujourd’hui, à tous les coins de rue,
On croise des regards réprobateurs,
C’est notre différence qui tue,
L’être humain est désormais rempli de rancœurs.
On parle de l’ouverture des frontières
Au parfum de renaissance du nationalisme,
Chaque jour voit surgir une nouvelle guerre
Aux relents d’idéologies chargées d’intégrismes.
Mais y a-t-il seulement le rejet de l’étranger ?
Peut-on uniquement parler de xénophobie ?
Dans une société qui ne cesse de nous catégoriser,
Il y a beaucoup d’autres phobies…
Il est là, assis sur le trottoir,
Le SDF qui mendie son repas.
Combien de fois ne détourne-t-on pas le regard
Soudain très pressé de rentrer chez soi ?
Comme il est dur le jugement de la vendeuse
Quand un peu rond, tu entres dans une boutique de fringues,
Comme elle fait mal son attitude moqueuse
Parce que tu veux essayer, qu’elle te prend pour une dingue.
Jour après jour, j’entends les railleries
A propos de mon métier, de ma foi,
De ces gens qui les prennent pour des broutilles,
Autant me dire qu’on n’a pas besoin de moi.
Tant de rejet dans notre universalité,
La perfection est-elle le seul but à viser ?
La vie doit-elle s’écrire sans originalité ?
Se fondre dans un moule, celui de l’uniformité ?
Il ne suffit plus d’avoir la bonne couleur de peau
Pour être toléré par les gens bien pensant,
Il faut aussi être riche, intelligent et beau
Et de surcroît, surtout être bien portant.
Alors écoutez-moi, moi qui suis fille de la différence,
Poète n’entrant pas dans les critères de vos canons,
Ne jugez pas au premier coup d’œil sur l’apparence,
La fantaisie a souvent du bon.